Le blog de Jacques Rigaut par Jean-Luc Bitton son biographe & Emma Rebato

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"Mon livre de chevet, c'est un revolver."


Ce blog est le livre "Debord" de mon travail en cours sur Jacques Rigaut,
un «work in progress», souvent méconnu, du biographe à l'oeuvre...
(Cette biographie paraîtra chez Denoël.)

Jean-Luc Bitton



:: 30.10.08 ::

Sur le ring
 





Un ami de Jacques Rigaut


JLB - 30.10.08


:: 28.10.08 ::

Festif
 



JLB - 28.10.08


:: 26.10.08 ::

Lost in documentation
 




Photocopies, livres, revues de presse, documents divers numérisés, correspondance papier & électronique, sites web, thèses, enregistrements audio & vidéo, photographies... Il y a des jours où je me sens vertigineusement perdu dans ma documentation.


JLB - 26.10.08


:: 22.10.08 ::

La littérature revolverisée
 




"Pendant une certaine période, j'ai voulu faire de la littérature, le revolver en poche." (Richard Huelsenbeck)


Merci au poète Jacques Barbaut pour m'avoir envoyé cette photographie de Jacquie Bablet.


JLB - 22.10.08


:: 18.10.08 ::

Agence Générale du Suicide
 



La mort d'un jeune homme paralysé de 23 ans en Suisse, considéré comme le plus jeune Britannique a avoir eu recours au suicide assisté, créait la controverse dans les médias britanniques samedi malgré la justification de son geste par ses parents.

Daniel James, un ancien joueur de rugby resté paralysé après une dislocation de la colonne vertébrale pendant une mêlée, est mort le 12 septembre, selon une enquête judiciaire britannique.Ses parents ont expliqué qu'il n'avait jamais accepté sa paralysie, qu'il considérait son corps comme "une prison" et avait demandé à de nombreuses reprises qu'on l'aide à mourir.

Julie et Mark James, de Worcester au centre de l'Angleterre, ont souligné dans un communiqué que leur fils était "un jeune homme intelligent d'esprit sain" qui "n'était pas prêt à vivre ce qu'il considérait comme une existence de deuxième ordre".

Le jeune homme avait tenté à plusieurs reprises de se donner la mort avant de "réaliser son souhait", ont-ils relevé.

"Sa mort est une perte extrêmement triste pour sa famille, ses amis et tous ceux qui tenaient à lui, mais c'était sans aucun doute une libération de la prison que son corps était devenu pour lui et de la peur et la haine que lui inspirait son existence au jour le jour", ont-ils poursuivi.

Si en Suisse, le suicide assisté est toléré, il est illégal en Grande-Bretagne d'aider autrui au suicide ou de donner des conseils ou les moyens de le faire. Mais "il est rare que quelqu'un soit poursuivi pour aide au suicide", souligne le Daily Mail.

La police britannique a indiqué avoir été en contact après la mort de Daniel James avec un homme et une femme dont elle n'a pas précisé l'identité, mais que les médias présentent comme étant ses parents.

La mort d'un enfant "est notre plus grande peur". Devant la détermination du jeune homme, les parents "ont failli lui donner la mort eux mêmes. Mais ils savaient que les lois britanniques étaient contre le suicide assisté", écrit un éditorialiste du Times.

La clinique Dignitas de Zurich, où ont eu lieu tous les suicides assistés de Britanniques, ne révèle pas l'identité des personnes qui ont recours à ses services pour se donner la mort.


JLB - 18.10.08


:: 13.10.08 ::

L'ange noir
 



Nancy Cunard (1896-1965) fut une femme libre. Aragon, l'amoureux transi, faillit se suicider pour elle, lorsqu'à Venise elle le délaissa pour le pianiste de l'hôtel. Femme à hommes, avec une préférence pour les "Nègres" dont elle soutiendra le combat pour l'égalité raciale, elle sera détestée par les Blancs comme par l'élite noire. Elle croisera aussi "l'ange noir de Dada" comme le surnomme François Buot : Jacques Rigaut, qu'elle ajoutera sur la longue liste de ses amants. Un amant insaisissable de passage mais qu'elle n'oublia jamais. Lorsqu'elle mourut dans le plus total dénuement, sa fortune flambée, partagée, seule dans une salle commune de l'hôpital Cochin, elle récitait la litanie des noms de ses amours passées. Rigaut en faisait partie.


JLB - 13.10.08


:: 9.10.08 ::

No more heroes any more
 


Jean-Marie Gustave Le Clézio.
Photo © Jean-Marie Perier



"(...) Jacques Rigaut n'a pas fini de troubler notre monde. (...) Un héros est un homme qui accomplit quelque chose, jusqu'au bout. Il y a des héros en mal comme en bien. Jacques Rigaut est un héros de la négation. (...) Mais Rigaut est un homme vivant. Il y a quelque chose d'autre en lui, quelque chose de mystérieux, un charme, une grâce, qui font qu'il est beaucoup plus qu'un mathématicien de la mort." (Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008)


JLB - 9.10.08


:: 4.10.08 ::

Cravan is back in town
 



Dossier Cravan dans la NRF d'octobre 2008, réalisé par Bertrand Lacarelle, auteur d'un essai sur Jacques Vaché chez Grasset (2005). Lacarelle prépare un livre sur Cravan dont le titre sera La tour d'acier aux yeux de fougères.

"Les plus grands monuments font le plus de poussière." (Arthur Cravan)


JLB - 4.10.08


:: 2.10.08 ::

"L'obsession de toute ma vie"
 


Le parc Federico Garcia Lorca à Grenade


A la mémoire de Federico Garcia Lorca et de toutes les victimes de la guerre civile". Sous la stèle plantée parmi les oliviers, entre les bourgs d'Alfacar et de Viznar, près de Grenade, gît le poète. C'est en tout cas le lieu généralement admis de sa sépulture depuis la publication en 1971 de la biographie la plus complète qui lui ait été consacrée. L'auteur, Ian Gibson, se fonde sur les confidences d'un habitant du coin, Manuel Castilla. Adolescent, ce dernier avait été chargé de faire disparaître les corps de quatre fusillés, à l'aube du 19 août 1936. A quelques mètres près, il a désigné le ravin où il avait enterré à la va-vite, dans le même trou que le célèbre dramaturge, Dioscoro Galindo, le maître d'école d'un village voisin, le plombier Francisco Galadi et un banderillero anarchiste, Joaquin Arcollas.
Depuis, le lopin de terre est devenu le parc Federico-Garcia-Lorca, un lieu de recueillement, symbole des atrocités accomplies dans les semaines qui ont suivi le coup d'Etat franquiste du 18 juillet 1936.

Mais faut-il se fier au témoignage du petit fossoyeur, qui est l'unique indice de la présence du poète à cet endroit ? Lorsqu'il a été question, pour la première fois, d'ouvrir la fosse dans la perspective du 70e anniversaire du tragique événement, les six descendants encore vivants de Lorca s'y étaient opposés. Inutile, voire dangereux, selon eux. "Exhumer les cadavres de personnes déjà identifiées, enterrées ensuite dans des fosses communes et dont on connaît les circonstances de la mort ne pourrait que fausser l'histoire", écrivaient-ils dans une lettre commune en 2003.

Depuis quelques jours, le juge Baltasar Garzon, de l'Audience nationale, la plus haute autorité pénale du pays, a sur son bureau une requête en bonne et due forme pour l'exploration de la fosse. Nieves Galindo, la petite-fille de l'instituteur, et un parent de Francisco Galadi (le dernier supplicié, Joaquin Arcollas, est mort sans descendance) se sont rendus, vendredi 12 septembre, à Madrid, pour remettre au magistrat les documents préparés par l'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH) de Grenade. "A partir d'aujourd'hui, le silence de la famille Lorca doit cesser de prévaloir", a averti Nieves Galindo, avant de pénétrer dans les locaux de l'Audience nationale.

La femme, souriante et déterminée, a apporté de vieilles photos de ce grand-père sans opinions politiques franchement marquées, "vraisemblablement tué pour une vieille rancune". Elle a conservé la montre de gousset qu'il a laissée sur la table de la cuisine lorsque les phalangistes sont venus le chercher. Elle raconte comment son père, Antonio, âgé alors de 27 ans, tenta de suivre le camion sur son vélo, et pourquoi elle s'est aujourd'hui assigné la mission de donner à l'aïeul "une sépulture digne".

C'est un dossier de plus pour le juge Garzon, sollicité depuis des mois par de nombreuses familles désireuses de faire la lumière sur les disparitions de leurs proches pendant la guerre civile et le franquisme. Dès le 25 juin, le magistrat avait accepté d'étudier les plaintes déposées par plusieurs associations de victimes du franquisme concernant quelque 1 200 cas documentés de disparitions. Il a franchi un pas supplémentaire le 1er septembre (Le Monde du 5 septembre) en demandant à plusieurs administrations ainsi qu'à l'Eglise catholique espagnole d'ouvrir leurs archives, afin de dresser un véritable recensement des 30 000 disparus du franquisme.

La démarche, considérée comme "historique" par les associations de victimes, pourrait déboucher sur l'ouverture d'une enquête pénale à grande échelle. "J'ai mis tous mes espoirs dans cette initiative du juge Garzon, confie Nieves Galindo. C'est pour moi la seule issue." Le cas de la tombe de Federico Garcia Lorca est unique, en raison de la personnalité du poète et de la fascination qu'il exerce encore chez les Espagnols, mais il ne diffère guère des dizaines de fosses déjà ouvertes à travers l'Espagne. A chaque fois affleurent les mêmes interrogations sur l'utilité d'exhumer ce passé si lointain, si proche.

Cette fois-ci, la famille du poète ne fera pas obstacle si Baltasar Garzon décide l'exhumation. "Nous ne l'empêcherons pas, a déclaré la nièce de l'écrivain, Laura Garcia Lorca, au quotidien El Pais, jeudi 18 septembre. Même si nous aimerions que cela ne se fasse pas, nous respectons le désir des autres parties impliquées. "

Les neveux du poète andalou nuancent leur attitude, mais restent partisans de ne pas déterrer le mythe qui a fait de l'intellectuel le symbole de la répression franquiste. Ian Gibson, en revanche, veut savoir où est "réellement" le corps et si, comme il le pense, il a été torturé avant son exécution. C'est "l'obsession de toute (sa) vie", avoue-t-il. Voilà pourquoi l'historien madrilène d'origine irlandaise accompagnait l'autre jour Nieves Galindo dans sa démarche. Le dossier remis au juge Garzon contredit pourtant ses travaux sur l'emplacement de la tombe.

Pour le responsable de l'Association pour la récupération de la mémoire historique de Grenade, Francisco Gonzales, les corps des quatre hommes pourraient être enterrés à 430 mètres à vol d'oiseau. A l'appui de cette seconde hypothèse, il produit plusieurs témoignages, dont celui d'un cuisinier qui vivait là, dans une grande bâtisse reconvertie pendant la guerre civile en centre de torture. C'est à cet endroit que les quatre victimes d'assassinat du 18 août 1936 auraient vécu leurs dernières heures, avant d'être passées par les armes et jetées en terre.

Ce cas très médiatique peut-il servir au travail de vérité que diverses associations et des familles demandent aujourd'hui au juge Baltasar Garzon ? "Mille versions circulent sur l'assassinat de Lorca et sur le lieu où il est enterré, s'agace Ian Gibson. Ce n'est bon pour personne." Laura Garcia Lorca considère au contraire que l'on sait l'essentiel. La porte-parole de la famille redoute qu'une exhumation "tourne au spectacle". Surtout, elle refuse que le cas de son aïeul soit désolidarisé des centaines d'autres suppliciés enterrés dans ce coin de la campagne andalouse. "Ils reposent tous dans un cimetière commun, tous ont été victimes du même assassinat sauvage et cruel, estime-t-elle. Ce ravin est sa tombe définitive, en leur compagnie."

Pourquoi et comment est mort Federico Garcia Lorca ? A-t-il été massacré à cause de ses vers au vitriol contre la Garde civile ou bien pour son homosexualité revendiquée, ou encore en raison de jalousies provoquées par ses succès littéraires ? Sûrement a-t-il été victime d'une "conjuration des haines les plus noires" dans "le chaos qui régnait à Grenade au lendemain du soulèvement militaire, cette orgie de sang exaspérée par la peur, attisée par une soif de vengeance au sens propre démente", comme l'écrit Michel Del Castillo dans son Dictionnaire amoureux de l'Espagne (Plon, 410 pages, 22 euros).

Pour Francisco Gonzales, de l'ARMH, le poète ne doit pas rester un mort anonyme du franquisme : "Ses restes devraient être inscrits au patrimoine de l'humanité afin que chacun puisse les revendiquer."

Jean-Jacques Bozonnet
Le Monde du 20 septembre 2008


JLB - 2.10.08

 

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Autre site du même auteur :

Emmanuel Bove,
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