Le blog de Jacques Rigaut par Jean-Luc Bitton son biographe & Emma Rebato

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"Mon livre de chevet, c'est un revolver."


Ce blog est le livre "Debord" de mon travail en cours sur Jacques Rigaut,
un «work in progress», souvent méconnu, du biographe à l'oeuvre...
(Cette biographie paraîtra chez Denoël.)

Jean-Luc Bitton



:: 31.3.07 ::

"I'm going to kill myself tomorrow"
 



Extrait du film "The Royal Tenenbaums" (2001)
Musique Elliot Smith


JLB - 31.3.07


:: 27.3.07 ::

"Jacques Rigaut" : le film
 



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Le musicien Tim Berry a réalisé un clip très "Roaring Twenties", tourné en super 8, pour la chanson "Jacques Rigaut" du groupe Venus Bogardus.

"Featuring the band's earlier line-up, with The Hysterical Injury's Annie Gardiner on drums, the film was shot on an old Super 8mm camera and paid homage to the dadaist poet of the title and the surrealist film-makers Réné Clair, Man Ray, Marcel Duchamp and Jean-Marie Drot, with whom Rigaut was largely associated up until his suicide in 1929." (Tim Berry)



JLB - 27.3.07


:: 21.3.07 ::

Soupault et quelques amis...
 


Suzanne Muzard et ses deux chats, 1930.

J'ai assisté à la première partie de la vente Soupault, jusqu'au lot 113 exactement, qui a été cité comme "non vendu". "Tout le monde s'en fout de Soupault" me confie Bernard Morlino avant la vente. Effectivement, peu de gens dans la salle 1 où se déroule la vente. Je n'ai rien acheté. Les documents qui m'intéressaient ont été achetés par des amis. L'un d'entre eux, présent dans la salle, a affronté un Américain au téléphone, pour une photo du groupe surréaliste au Cyrano en 1953, sur laquelle curieusement Breton est coupé en deux. L'Américain a remporté les enchères : 4900 euros l'image. Quant à "L'invitation au suicide", l'énigme n'est pas résolue. Morlino me dit que ce texte était peut-être un pacte entre Soupault et sa deuxième femme, un suicide romantique en duo. Ayant abandonné l'idée de ce suicide, Soupault aurait décidé de détruire les exemplaires pour en garder deux, un pour lui et un pour sa femme. Pour répondre au courriel d'Isabelle publié ci-dessous, la destruction des exemplaires par Soupault ne veut pas dire qu'il aurait refusé de rééditer ce texte. Et puis, on se souvient du Journal de Kafka sauvé de la destruction par Max Brod. Pour rassurer Isabelle, les manuscrits inédits de Soupault qui étaient en vente cet après-midi sont ce soir entre de bonnes mains.

"Bonjour,

J'ai lu tous vos regrets concernant l'invitation au suicide de Soupault. Mais je me demande quand même si ce n'est pas mieux ainsi. Je ne sais pas qui détient ce manuscrit, mais tout de même, si Ph. Soupault en avait refusé la publication, pourquoi le rendre public ? Bien sûr, moi aussi, j'aurai bien aimé lire ce texte ou le trouver, et je pense que cela doit être un texte de valeur ; mais pas dans ces conditions. Cette vente aux enchères me choque. J'ai été voir au musée du Montparnasse tout ce qui était exposé. Et pourquoi cette vente ? pour de l'argent ? Pourquoi avoir choisi de tout disperser et ne pas avoir essayé de constituer "des archives Soupault" ? Quel est l'intérêt de vendre des cartes postales privées ? A plusieurs reprises Soupault s'était élevé contre la publication de correspondances. Quant aux manuscrits inédits, que faut-il en penser ? qu'ils resteront enfouis chez un collectionneur ? J'ai hésité à aller demain à Drouot, par simple curiosité. Mais finalement, cela me rend mal à l'aise. A la place de la fille de Soupault ou de ses amis qui peuvent encore exister, ou simplement en tant que lectrice, je trouve navrant et assez écoeurant de penser - entre autre - qu'une carte postale écrite par Soupault à sa mère sera vendue aux enchères.... Comme disait Soupault (je crois que c'est dans le livre de Bernard Morlino) quand on venait le prendre en photo ou lui demander un autographe "pourtant je ne suis pas bien beau", et il se demandait ce que les gens pouvait faire de sa signature.... Finalement, on a la réponse... : de l'argent !

Bien à vous

Isabelle

PS. : cela ne m'empêche pas de lire des biographies (!)... quand elles sont terminées et publiées....."


JLB - 21.3.07


:: 20.3.07 ::

Le lot 113
 


Hôtel Drouot, vitrine de l'exposition publique des objets de la vente
"Philippe Soupault, le surréalisme & quelques amis.

Ce matin, à Drouot, avec l'espoir que "L'invitation au suicide" soit dans l'exposition publique avant la vente aux enchères de demain. L'assistant du commissaire-priseur m'annonce que l'ouvrage n'est pas exposé car le vendeur n'est pas revenu sur sa décision. Le lot 113 ne sera pas mis en vente. L'un des experts me propose de me mettre en contact avec le vendeur par son intermédiaire. C'est la procédure habituelle, envoyer une lettre au vendeur ou à l'acheteur via l'expert. J'ai déjà fait une semblable démarche lors d'une vente aux enchères des manuscrits de Jacques Rigaut. Le ou les acheteurs n'ont jamais répondu à ma demande de consultation.


JLB - 20.3.07


:: 17.3.07 ::

En attendant Rigaut
 





L'unique enregistrement de la voix de Samuel Beckett, film réalisé, le 13 mars 2007, lors du vernissage de l'exposition Beckett au Centre Pompidou à Paris.


JLB - 17.3.07


:: 9.3.07 ::

Invitation déclinée
 


Philippe Soupault, Tunisie, 1940.
Photo Ré Soupault.

Ai reçu par courriel de Maître David Nordmann la confirmation que le lot 113, correspondant à l'ouvrage "L'invitation au suicide" a été retiré de la vente.
A suivre...


JLB - 9.3.07


:: 3.3.07 ::

Appel à publication
 



"[...] Je traversai une crise de désenchantement. C'est alors que j'écrivis L'invitation au suicide, un texte en prose d'une cinquantaine de pages, qui était réellement un appel à se supprimer. Je le fis imprimer chez Mme Birault (qui avait déjà imprimé pour moi Aquarium) à trente exemplaires, dont je détruisis vingt-huit sur le champ. Des deux exemplaires restant, j'en conservai un pour moi et j'offris l'autre à celle pour qui j'avais écrit ce texte. Elle me demanda d'attendre un peu, et de vivre quelque temps - avec elle. Elle me convainquit. Je brûlais mon exemplaire. [...] (Philippe Soupault, Mémoires de l'Oubli, 1914-1923, Lachenal & Ritter, 1981)


"Morlino : Pourquoi "votre invitation au suicide" est-elle introuvable?

Soupault : Je l'ai détruite. C'était pour dire à quoi bon vivre, ou pas demander à naître. C' était le thème, une cinquantaine de pages. J'ai bien fait de le détruire. Ce livre augmenterait mon ridicule: je viens d'avoir 90 ans et je ne me suis toujours pas suicidé!

Morlino : En fait, n'avez vous pas toujours eu envie de vous suicider?

Soupault : C'est ça qui est terrible."

("Entretiens Philippe Soupault / Bernard Morlino" in Philippe Soupault, Qui êtes-vous?, La Manufacture, 1987)


"J'ai eu entre les mains le manuscrit de L'invitation au suicide : c'était une trentaine de feuillets (une cinquantaine, disait mon père) d'une écriture serrée, rassemblés dans une couverture gris-bleu, avec le titre bien lisible sur une étiquette jaune. Peu de temps après la mort de ma mère, en avril 1955, Philippe Soupault m'a parlé de ce manuscrit. Je l'ai retrouvé facilement. Malgré les séparations, les voyages, les années, ma mère l'avait toujours gardé. Je n'ai pas lu le manuscrit avant de lui rendre : il appartenait à mes parents, à eux seuls; il était la preuve, encore vivante du choix de leur vie passée. [...] H.J. Dupuy dans sa présentation de Philippe Soupault chez Seghers en 1957, révèle la première phrase de ce manuscrit : "J'étais dans votre chambre, vous avez allumé la lampe." Je ne crois pas que cette Invitation au suicide parle d'un suicide comme l'entendait un Jacques Rigaut ou un René Crevel. Ma mère ne l'aurait pas gardée aussi précieusement." (Christine Chemetov-Soupault in Portraits de Philippe Soupault, BNF, 1997)

APPEL A PUBLICATION

D'après le catalogue de la vente aux enchères publiques "SOUPAULT, le surréalisme et quelques amis" organisée par la maison ADER, un exemplaire de cette légendaire "Invitation au suicide" a été miraculeusement sauvegardé. Ce bref ouvrage écrit par Soupault en 1921, serait préfacé par sept membres du mouvement Dada Paris dont Jacques Rigaut. Il serait regrettable pour la littérature et l'histoire littéraire que ce document exceptionnel disparaisse à jamais dans le coffre d'un collectionneur, sans que son contenu soit dévoilé, c'est-à-dire publié.


JLB - 3.3.07


:: 1.3.07 ::

Soupault à l'encan
 


Philippe Soupault prend congé, 1986,
par Monique Dupont-Sagorin.

Après Breton, c'est Philippe Soupault qui se retrouve en vente aux enchères publiques. Ironie du sort dont il se serait amusé, lui qui se foutait éperdument de la postérité, lui qui réclamait de son vivant "Ni fleurs, ni couronnes", lui qui écrivit "Plutôt le silence que le trottoir", lui, qui avec son ami Rigaut, se moquait de ses amis surréalistes qui entre deux envolées poétiques s'adonnaient au déjà fructueux commerce de l'art, lui qui toute sa vie refusa l'argent de la bourgeoisie d'où il était issu. Après la mort de Soupault, me confiait son biographe Bernard Morlino, sa femme a découvert que son mari n'avait jamais touché à un modeste héritage de son père. La vente aura lieu le 21 mars prochain à Drouot. Des amoureux de Soupault comme François Martinet et Morlino seront dans la salle pour assister à la dispersion. Question: Morlino va-t-il racheter ses propres photos mises en vente aux enchères? Cette nuit, j'ouvre au hasard un recueil de textes de "l'indomptable Soupault" et lis cette simple phrase : " Les sentiments sont gratuits."

Pour le plaisir des yeux, vous pouvez consulter le catalogue en ligne.

P.S. (1) : Il y un "lot" (N°113) dont j'aimerais bien connaître le contenu (je dois pas être le seul), c'est la fameuse "invitation au suicide" écrite par Soupault et dont tous les exemplaires, selon la légende, ont été détruits par ses soins à l'exception d'un seul. Ai envoyé un courriel aux organisateurs de la vente pour savoir si je pouvais avoir accès à ce livre qui reste aujourd'hui encore une énigme littéraire.

P.S.(2) : Très étrangement, deux personnes m'ont appelé pour me dire que le lot N° 113 a disparu du menu déroulant du catalogue en ligne. Bizarre, vous avez dit bizarre...


Félix Labisse Deux lithographies pour le roman En Joue ! de Ph. Soupault, 2e édition, 1980, par Lachenal et Ritter. 135 x 200 mm.Impression en couleurs, l une noir et bleu, l autre noir et violet. Deux belles épreuves de tiré à part sur vélin, justifiées E. A. et signées à la mine de plomb.Léger empoussiérage aux bords du feuillet. Toutes marges. Ens. 2 p. Estimation : 300 / 350 €


Anonyme Suzanne Muzard et son chien danois, 1928.Tirage argentique d époque. 18 x13 cm. Estimation : 200 / 300 €


JLB - 1.3.07

 

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Autre site du même auteur :

Emmanuel Bove,
la vie comme
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