Le blog de Jacques Rigaut par Jean-Luc Bitton son biographe & Emma Rebato

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"Mon livre de chevet, c'est un revolver."


Ce blog est le livre "Debord" de mon travail en cours sur Jacques Rigaut,
un «work in progress», souvent méconnu, du biographe à l'oeuvre...
(Cette biographie paraîtra chez Denoël.)

Jean-Luc Bitton



:: 6.7.09 ::

Teasing
 

















JLB - 6.7.09


:: 25.6.09 ::

Agence(s) Générale(s) du Suicide
 





Exit monte au créneau pour défendre l’aide au suicide



L’association craint que les restrictions législatives ou interdictions envisagées par le Conseil fédéral ouvrent la porte à des dérives. Elle brandit déjà la menace d’un référendum

Exit monte au front. Divisé sur l’épineuse question de l’aide au suicide mais conscient que la zone grise actuelle n’est pas satisfaisante, le Conseil fédéral a décidé la semaine dernière de lancer une consultation. Parmi les variantes à l’étude, deux options se profilent: l’adoption de restrictions législatives et une interdiction pure et simple des associations d’assistance au suicide comme Exit et Dignitas. C’est dans cette perspective qu’Exit a réagi mardi.

«Nous ne sommes pas opposés à un meilleur encadrement légal. Mais restreindre nos activités ou nous interdire aurait des conséquences néfastes. Cela ne ferait qu’augmenter les souffrances humaines!» insiste son président Hans Wehrli. Jérôme Sobel, le président d’Exit Suisse romande, ajoute: «Nous gardons les yeux ouverts. S’il s’agit de surveiller notre comptabilité ou, par exemple, de mieux encadrer et former les accompagnateurs, c’est acceptable. Mais nous ne nous laisserons pas euthanasier volontairement. Si le Conseil fédéral veut bel et bien nous interdire, nous lancerons un référendum!»

Restreindre l’aide au suicide aux seuls malades dont l’issue fatale est proche et clairement établie écarterait de fait près d’un tiers des personnes qui se tournent aujourd’hui vers Exit. Les personnes tétraplégiques, atteintes de sclérose en plaques, de maladies névralgiques dégénérescentes ou encore de la maladie d’Alzheimer, et qui désirent mourir, risqueraient alors de se donner la mort toutes seules, avec un risque de ratage élevé, insiste Hans Wehrli.

Une interdiction totale des organisations aurait pour conséquence de pousser des médecins mal formés ou des proches de malades à pratiquer illégalement l’euthanasie, avec, là aussi, des risques élevés d’effets indésirables, souligne Exit. Si le natrium pentobarbital, qui ne peut aujourd’hui être remis que sur ordonnance médicale, est mal administré ou mal dosé, cela peut provoquer des vomissements, une lente agonie ou plonger la personne dans le coma. Avec parfois d’importantes séquelles au cerveau.

Dans ce débat éthique toujours très sensible, Jacques de Haller, le président de la FMH, l’association faîtière des médecins, est lui aussi monté au front. Il vient de se positionner clairement contre l’interdiction d’Exit et de Dignitas dans la SonntagsZeitung. Son argument principal: les médecins n’ont pas pour mission de faire de l’accompagnement au suicide. C’est pourtant ce qui se fait en Hollande. «Oui, mais une étude a démontré qu’il y avait des complications dans 23% des cas», rétorque Hans Wehrli. «Chez nous, grâce à notre expérience et à une formation adéquate, il n’y en a quasiment jamais.»

Au terme de la procédure de consultation – qui n’a d’ailleurs pas encore été lancée –, le Conseil fédéral pourrait aussi décider de fixer certains délais, pour permettre aux malades de changer d’avis. Mais Exit s’érige aussi contre ce scénario en raison de certaines «urgences». Fixer des délais reviendrait par exemple à laisser s’étouffer des malades souffrant d’un cancer des poumons, commente Walter Fesenbeckh, pasteur et accompagnateur.


Selon un récent sondage de L’Hebdo, 75% de la population est satisfaite de la pratique actuelle. Exit ne manque pas de le rappeler. Reste que le «tourisme de la mort» engendré par Dignitas, de même que certaines pratiques très controversées de cette association, comme le recours à des ballons à l’hélium, ont pollué le débat et inquiété le Conseil fédéral. Dignitas doit d’ailleurs régulièrement changer de «lieu de travail» en raison des voisins, peu ravis de voir chaque jour des personnes entrer dans une maison, et en ressortir quelques heures plus tard dans un cercueil.

Exit pâtit-elle de la mauvaise réputation de Dignitas? «Je ne veux pas critiquer Dignitas. Ce qui est surtout scandaleux dans ce «tourisme de la mort», c’est que des étrangers soient obligés de s’expatrier à Zurich pour mourir dignement, cela à cause de législations déficientes dans leur propre pays», rétorque Jérôme Sobel. Il estime d’ailleurs qu’une dépénalisation de l’euthanasie active directe en Suisse serait plus saine. «Mais c’est un autre débat!»

Contrairement à Dignitas, Exit ne tend pas la main aux étrangers qui ne résident pas en Suisse. L’assistance au suicide est par ailleurs gratuite. Ses 70 000 membres s’acquittent en revanche d’une cotisation annuelle de 45 francs. Selon certaines informations, Dignitas, 5000 membres seulement, pratiquerait des prix assez élevés. Récemment, son président, Ludwig Minelli, a défrayé la chronique en disant vouloir s’occuper également de gens en bonne santé.

Sur le plan fédéral, le thème de l’euthanasie et de l’aide au suicide est un véritable serpent de mer. Le débat revient sans cesse, sans véritables solutions. D’où un certain vide juridique. En 2000, le Conseil fédéral avait préféré le statu quo alors qu’il était censé trancher sur la base d’un rapport commandé par Ruth Metzler. Les experts y recommandaient même de dépénaliser l’euthanasie active directe. En 2006, le Conseil fédéral a une nouvelle fois renoncé à légiférer, malgré le vote au parlement d’une motion qui l’y contraignait. Rebelote en juillet 2008.

Aujourd’hui, trois conseillers fédéraux estimeraient nécessaire d’interdire purement et simplement Exit et Dignitas. Le Conseil fédéral sera-t-il capable de prendre une décision qui dissipera les malaises actuels sans créer de nouveaux problèmes? Délicate question…

Valérie de Graffenried / Le Temps / 24 juin 2009




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JLB - 25.6.09


:: 23.6.09 ::

L'homme qui marche
 




Après la parution de la biographie de l'écrivain Emmanuel Bove, je retrouvai dans des archives privées une photographie inédite de Bove et de sa femme Louise en train de marcher sur un pont. Ce triptyque photographique était sans lieu ni date. Il y a quelques jours, je reçois un e-mail d'un habitant de Lausanne qui a vu la photo sur le site Bove et a reconnu le Grand Pont de Lausanne sur lequel ses parents ont été également photographiés à la même époque (le début des années 30). Il me reste à dater précisément cette image en consultant dans le fonds Bove une correspondance de l'écrivain à son frère, envoyée de Lausanne... Lors de mes recherches sur Bove, l'Internet n'existait pas, la révolution technologique (à la puissance limitée) s'appelait Minitel. Certes, on ne trouve pas tout sur le Web, mais il a permis aux chercheurs un énorme gain de temps et de résoudre des énigmes comme la légende d'une photographie. Les années qui passent jouent en la faveur des biographes.




JLB - 23.6.09


:: 6.6.09 ::

Scrapbook dada
 







Ai commencé le chapitre six (sur 10?), probablement. Je retrouve Fabrice Lefaix à l'exposition publique des archives de Marthe Chenal dont la vente aura lieu ce lundi 8 juin. Dans le cadre de ses recherche sur L’Œil cacodylate, Fabrice consulte l'album photo du réveillon de Picabia organisé chez la cantatrice, dans l'espoir d'identifier des signataires méconnus du tableau. Jacques Rigaut ne semble pas faire partie des invités. L'expert nous laisse consulter le lot le plus convoité de la vente : l'album de collages dadas faits par Picabia pour Marthe Chenal (mise à prix : 250 000 euros). Un scrapbook (minimaliste) avant l'heure réalisé de bouts de ficelle, de lettres de liège et de poinçons d'imprimerie. Une pièce unique de cinquante pages, superbe oeuvre dadaïste dont l'histoire reste à faire.

Plongé actuellement dans les enquêtes chiffrées concoctées par Breton au début des années 20. Celles publiées dans la revue Littérature sont connues, d'autres inédites le sont moins. Les réponses de Jacques Rigaut nous délivrent un fidèle portrait de Lord Patchogue... Extrait : amour de l’argent (20), gourmandise (2), drogues (15), sodomie (18), enthousiasme (-20), vitesse (20), socialisme (-20), anarchie (15), vol (16), nature (-20), optimisme (-10), pessimisme (-10)

"Suicide-accident" pour David Carradine, alias "Petit Scarabée", héros flegmatique et dandyesque de la série mythique "Kung Fu" dont j'étais un admirateur inconditionnel. Carradine était bien plus qu'un acteur de série B, c'était un excellent comédien, malheureusement sous-employé. Tarantino l'avait sorti des oubliettes du cinéma avec "Kill Bill", à la sortie du film, Carradine déclara : "Je n'ai jamais été satisfait de quoi que ce soit de toute ma vie. Je suis retraité et le fait est que j'essaie de me faire un nom". Perdant magnifique.



JLB - 6.6.09


:: 26.5.09 ::

La Castafiore aux mille amants
 



C'est en lisant le passionnant blog de Fabrice que j'apprends la prochaine vente aux enchères des archives de l'extravagante cantatrice Marthe Chenal. Le 11 novembre 1918, enveloppée dans le drapeau tricolore, elle chanta la Marseillaise du balcon de l'Opéra de Paris devant 100 000 personnes. La flamboyante diva fut la maîtresse de Picabia, peut-être de Jacques Rigaut et de bien d'autres, on dit qu'elle aurait eu mille amants... En 1921, elle demanda à Picabia d'organiser dans son hôtel particulier le fameux réveillon cacodylate où le peintre demanda aux invités de signer la célèbre oeuvre collective, L’Œil cacodylate, un tableau composé principalement de signatures, ce qui scandalisa le monde de l'art. Il y a deux ans, j'avais réussi à localiser les archives de la cantatrice qui se trouvaient au sein de l'association Ciné Costum'. Malheureusement, cette association ne m'a jamais donné l'autorisation de consulter les archives dans lesquelles j'aurais pu trouver la trace (photographies, lettres, etc.) de Rigaut. Le plus étrange dans le contenu de la vente, c'est l'absence de correspondances. Il est impossible que cette pléthore d'amants n'ait pas laissé un petit mot tendre... La dernière chance de trouver quelque chose avant dispersion, c'est de me rendre à l'exposition publique des archives qui aura lieu le samedi 6 juin chez Alde.


JLB - 26.5.09


:: 21.5.09 ::

Lucy in the Sky
 


Lucy Gordon, East Village, by Abbey Drucker

"En plein Festival de Cannes, la comédienne Lucy Gordon s’est suicidée à Paris, par pendaison. “Une mort atroce” disent d’aucuns. Pourquoi atroce… Se jeter par la fenêtre, sous le train, du haut de Beaubourg ou se tirer une balle dans la tête est-ce mieux ? La jeune comédienne britannique a été retrouvée morte dans son appartement parisien dans la matinée de mercredi 20 mai 2009. Elle venait de tourner deux films: Cineman, de Yann Moix, et Serge Gainsbourg Vie Héroïque, de Joann Sfar, dans lequel elle incarne Jane Birkin. Le metteur en scène Niçois est actuellement à Cannes et venait juste de présenter des extraits de ce long métrage aux compagnies étrangéres. Le film doit sortir en janvier 2010.La jeune femme allait avoir 29 ans, vendredi prochain.Je pense à mon ami Peter Handke qui m’a toujours dit et redit de faire attention car tous “les dix ans, le suicide revient dans la tête". Comme il a raison !Dans l'entourage de la disparue par mort volontaire on parle d’un chagrin d’amour.J’ai trois filles et je les ai déjà mises au parfum de ne jamais se suicider à cause d’une ordure de mec. Le tuer plutôt ! Ne jamais se laisser avoir par un connard. Qu’elles viennent me chercher, on lui fera la peau à cette vermine !La jeune femme était attendue ce soir au grand Journal de C+. Là je comprends qu’elle ait voulu se tuer: l’idée même de croiser le regard de Frédéric Beigbeder me donne envie de gerber."

La suite sur le blog de Bernard Morlino

Les yeux tristes de Cannes

"Il n'y a absolument pas eu, cette année, de motif raisonnable de me commettre avec le festival de Cannes qui fait subir des distorsions la plupart du temps absurdes et souvent atroces à la cause cinématographique, comme je l'ai du moins ressenti, d'autant que les années précédentes, j'en étais régulièrement arrivé plus ou moins vite à être profondément convaincu de ne plus jamais aller à Cannes, quoi qu'il arrive, absolument plus jamais. (...) Cannes tout de même....donc je suis allé à Cannes, je crois du moins que je suis allé à Cannes cette année, parce que je n'y avais pas de film, pas de stress, pas d'interview avec toujours les mêmes questions qui appellent les mêmes réponses, qui finissent à un moment ou à un autre de vous faire haïr le film aimé, de vous faire regretter presque de l'avoir fait. D'autant plus qu'à Cannes, vraisemblablement parce qu'en défintive il n'est pas vraiment question de cinéma, on envoie, en une proportion étonnamment grande, des reporters incroyablement bêtes et non informés. (...). "

RAINER WERNER FASSBINDER
Mai 1982


JLB - 21.5.09


:: 17.5.09 ::

La maison de dada
 







Lors d'une promenade à Montmartre, en descendant l'avenue Junot je tombe par hasard sur la maison de Tristan Tzara que l'inventeur de Dada s'est fait construire en 1926 par l'architecte viennois Adolf Loos. La plupart des dadaïstes à l'époque étaient désargentés dont Tzara qui sans-le-sous à son arrivée à Paris s'incrusta chez Picabia le bien-né. Comment Tzara avait-il pu s'offrir une maison d'architecte? question pertinente d'un ami à laquelle je ne pus répondre. Je trouvai la réponse dans les biographies consacrées à Tzara. L'entrepreneur du scandale dada avait suivi le pragmatique conseil de Breton pour faire face aux besoins matériels : "épousez (ou tombez amoureux) des femmes riches". Ainsi Tzara s'était marié à Stockholm le 8 août 1925 avec Greta Knutson, une jeune femme suédoise dont les parents fortunés offrirent aux nouveaux mariés une aide financière pour l'achat d'un terrain et la construction d'une maison à Paris. Ce mariage fit jaser le Tout-Paris, mais Tzara n'avait-il pas prévenu ses détracteurs en déclarant en 1923 que ses vices étaient :"l'amour, l'argent, la poésie".



Tristan Ranx m'envoie la photo de la tombe de Robert Brasillach, le seul écrivain français collaborateur exécuté à la Libération, dont Camus et Mauriac demandèrent, en vain, la grâce au général de Gaulle. Tristan me demande de "trouver l'erreur" dans l'image. Ce qui me frappe dans les inscriptions, c'est que Brasillach, homosexuel, soit inhumé seul aux côtés de sa mère. Je n'avais pas remarqué le plus étrange : la date de naissance de l'auteur des Poèmes de Fresnes n'est pas gravée sur sa tombe. Devant le peloton d'exécution, Brasillach refusa qu'on lui bande les yeux et avant de tomber sous les balles cria : "Vive la France quand même!" Une citation empruntée au poète juif allemand Heinrich Heine.



On connaît l'admiration du comédien et réalisateur Jean-Pierre Darroussin pour l'écrivain Emmanuel Bove dont il a adapté le roman Le Pressentiment, plus inattendue (quoique...) celle du comédien belge Benoît Poelvoorde qui, le 6 juin prochain, lors du festival "Paris en toutes lettres" donnera une lecture de Mes amis, le premier roman du "plus grand des auteurs français méconnus".


JLB - 17.5.09

 


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Autre site du même auteur :

Emmanuel Bove,
la vie comme
une ombre

 

  

 

 

 

 

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